sábado, abril 05, 2008

«Cibler» : la poésie de Karine Ledoyen


Le samedi 05 avril 2008
«Cibler» : la poésie de Karine Ledoyen

Daphné Bédard
Le Soleil
Québec
Karine Ledoyen aime se laisser désirer. Plus de trois ans après nous avoir donné le merveilleux Julio et Romette, elle remet ça — enfin! — avec Cibler, sa toute nouvelle création.

Karine Ledoyen a travaillé sur Cibler pendant deux ans à travers ses nombreux autres projets. Aujourd’hui, elle appréhende de présenter son œuvre au grand public. «J’adore être en studio, dit-elle. Pour moi, ce qui est pénible, c’est la présentation devant public. C’est tellement intime. Tu te mets à nu.»Plusieurs réflexions ont guidé la chorégraphe dans l’élaboration de ce spectacle. Plus abstraite et poétique que sa précédente œuvre, Cibler a été fortement influencée par le suicide d’un proche de Karine Ledoyen. En constatant le haut taux de suicide à Québec, l’artiste s’est demandé pourquoi tant de gens se sentaient si seuls dans cette ville aussi belle et énergique. «La pièce n’apporte pas de réponse à ça, précise-t-elle toutefois. Elle place le spectateur dans l’état d’esprit qu’il veut bien être. Le sens de la pièce n’est pas nécessairement là où on s’y attend.» Karine Ledoyen s’est également penchée sur l’impuissance, la responsabilité, la rage et la culpabilité que ressentent les personnes de l’entourage de ceux qui mettent fin à leurs jours, ainsi que sur l’idée que le moindre petit geste que l’on pose peut avoir une résonance positive dans la vie de quelqu’un.La laine, illustration de la vieDe la même façon que le déclencheur de la création de Julio et Romette avait été un objet — une boîte de carton en l’occurrence —, Cibler est née d’une balle de laine. Karine Ledoyen a utilisé la laine comme une illustration de la vie : la laine que l’on tricote lors d’une naissance, qui s’enroule et se déroule comme la vie elle-même, et celle que l’on coupe, comme la mort coupe la vie.Trois danseuses — Julie Belley, Véronique Jalbert et Sonia Montmigny — et une comédienne, Sophie Thibeault, interprètent les personnages de Cibler. Les danseuses évoquent les trois sœurs Parques, des divinités qui filaient le sort des hommes dans la mythologie latine. L’ajout à la dernière minute de la comédienne a été bénéfique pour la pièce, croit Karine Ledoyen. «Elle incarne une dame blanche qui fait le lien entre les trois danseuses. Elle amène une autre énergie», explique-t-elle. Le spectacle est enveloppé d’une scénographie épurée proposée par Geneviève Tremblay, des éclairages de Denis Guérette et de la musique de Mathieu Doyon. Le comédien et metteur en scène Kevin McCoy et le duo d’artistes visuels Cooke-Sasseville ont également contribué à Cibler.Depuis la fondation de sa propre compagnie, Danse K par K, la pétillante blonde cumule les projets. Elle a participé à l’aventure Pop rock avec moi! en janvier à Montréal et se prépare à partir en Europe cet été pour organiser le projet Osez!, qui sillonnera les quais du pays de Galles pendant cinq ans. De plus, la chorégraphe participera aux Fêtes du 400e de Québec en présentant du 6 au 17 août le spectacle itinérant Gonfler l’histoire, qu’elle qualifie de «bordel créatif». Osez! fait malheureusement relâche à Québec cet été.

FONTE (image include): Le Soleil - Québec,Québec,Canada

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