sábado, abril 12, 2008

Judo : Jossinet et Harel assurent pour commencer


Championnats d'Europe. De l'argent et du bronze pour commencer. Frédérique Jossinet et Barbara Harel ont apporté deux premières médailles européennes au judo français, hier à Lisbonne.
LISBONNE (de notre envoyé spécial). La pause leur a été fatale. Avant d'aller casser la croûte, les judokas français avaient mis leurs supporters en appétit. A part Dragin, victime d'un excès de confiance, et d'un inconnu Chypriote, dès son premier combat, les quatre autres engagés de cette première journée des championnats d'Europe avaient bien fait le travail. Ils étaient en demi-finales, comme une étape sur la route des podiums.
Mais la reprise des hostilités, dès la dernière bouchée avalée, va leur rester sur l'estomac. Et l'équipe de France qui se voyait triomphante devra se contenter de deux médailles. L'argent pour Frédérique Jossinet. Presque une question d'habitude : elle a déjà été vice-championne d'Europe (2005), du monde (2003, 2005) et olympique (2004) des 48 kg. Elle s'est inclinée face à la Roumaine Dumitru, tenante du titre, pour avoir été sanctionnée de plusieurs pénalités. Au grand dam de Christophe Brunet, l'entraîneur des filles : « Il n'y a pas eu de match. Cet arbitrage, c'est n'importe quoi. »
Mais il ne voulait pas s'attarder sur ces incidents, préférant inciter sa protégée à s'engager davantage : « Le judo est un sport de combat. Il y a un moment où il faut donner des manchettes. » L'intéressée en convient. Avec le sourire revenu, une heure après sa défaite : « J'étais très en colère à la sortie. Mais c'est une bonne colère. Je voulais prendre des risques, je ne sais pas où ça a bloqué, à un moment. » Elle aurait voulu emmagasiner un peu plus de confiance avant « le 9 août, la seule date qui compte », mais elle repartira de Lisbonne avec davantage qu'une médaille d'argent : « Il me tenait à coeur de bien faire. J'ai pris bien du plaisir. »
Harel à Pékin
Le plaisir pour elle, le bonheur pour Barbara Harel. La Nantaise s'est offert une médaille de bronze des 57 kg après une victoire expéditive, un balayage en quatre secondes, face à la Serbe Perisic. Elle pouvait être pressée d'en finir, car la journée a été longue pour elle, au rythme de combats éprouvants. Son beau parcours du matin avait été stoppé en demi-finales par l'Espagnole Fernandez, une vieille connaissance : « C'est comme une grosse épine pour moi. Elle a un judo très particulier. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Elle n'est pas invincible. La preuve, elle a été battue en finale. »
Mais avec cette place sur le podium, elle s'est assuré la sélection pour les Jeux de Pékin : « Mine de rien, j'avais quand même une petite pression. Il fallait que je réussisse quelque chose dans ces championnats. » Sous le regard de ses parents venus de Nantes en camping-car, la voilà qui s'est offert un billet pour Pékin au mois d'août.
D'autres membres de l'équipe de France sont eux aussi en quête de ticket olympique. Audrey La Rizza, 5e en 52 kg, pouvait avoir le sentiment d'un certain gâchis. Les larmes à peine essuyées, elle essayait de relativiser : « Laissez-moi le temps de digérer. Je vais me remettre au travail. »
Pas de larme pour Berthelot, mais de la rage. Personne n'a envié la porte du placard qu'il a frappée d'un violent coup de ceinture (noire) en sortant du tatami. Il n'est « que » 5e des 66 kg. Battu par un Portugais pour la médaille de bronze. Tout l'encadrement fédéral a applaudi son engagement, sa détermination, son judo. De quoi lui valoir une sélection olympique ? Il refuse de s'avancer : « J'ai marqué les esprits ? Non, la seule chose qui marque, ce sont les médailles. Je voulais un podium, je n'y suis pas. Il n'y a que ça qui compte. »
Pierre FORNEROD.
Hommes. 60 kg : 1. Paischer (Aut). 66 kg : 1. Kedelashvili (Géo). Femmes. 48 kg : 1. Dimitru (Rou) ; 2. Jossinet. 52 kg : 1. Zardgoza (Esp). 57 kg : 1. Filmozer (Aut)...; 3. Harel.

FONTE (photo include): Ouest-France - Rennes,France

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